Voilà un nom bien savant – et pédant, siffleront les mauvaises langues – pour désigner un simple blog où il ne sera jamais question, au fond, que de littérature.
Pourquoi, donc, l’anagnoste ?
D’abord parce que les mots ont un sens. Si nous n’avons, ni l’un ni l’autre, rien de ces affranchis qui, naguère, à Athènes, donnaient lecture pendant leur repas aux aristocrates ou à leurs anciens maîtres (à quoi renvoie le mot), cela ne fait pas de nous des professionnels de la profession, et nous n’aimons rien tant que donner l’envie de lire des livres (certains livres). Nous sommes des lecteurs, donc, des liseurs, et il ne nous déplaît pas, tel celui qui déclame à voix haute les pages sacrées pour ceux de sa communauté, de faire la lecture aux autres dans notre propre assemblée – fût-elle virtuelle.
Ensuite parce que si la langue est vivante, et si rien ne peut réjouir davantage celui qui se pique de lettres que de l’entendre frémir et frissonner à travers le temps, il n’y a aucune raison alors, si ce n'est par indolence ou effet de mode, de laisser les mots d’hier s’échouer sur les grandes plages de l'oubli contemporain. Aussi nous sommes heureux, oui, d’affecter ce joli mot, anagnoste, d’un certain vernis de modernité.
Nous poursuivrons sur l’anagnoste ce que nous faisions déjà sur nos blogs respectifs, mais nous le poursuivrons, donc, à deux. D’abord parce que c’est plus amusant. Ensuite parce que nous nous sommes aperçus que notre bonne camaraderie n’induisait pas que nous ayons les mêmes penchants littéraires. Autrement dit, nous nous rejoignons sur une certaine idée de la littérature, qui n’abdique jamais le style, ni l’exigence, ni l'ambition, mais pas nécessairement sur les mille et une manières qu’elle a ou peut avoir de s’incarner. Nous avons pensé que ce hiatus, qui nous est, à nous, agréable, pourrait également vous stimuler, vous, lecteurs, qui trouverez donc sur l’anagnoste deux regards qui se plaisent autant à converger et à diverger, et qui ne se donnent d’autre obligation que de témoigner, encore et toujours, de ce que la littérature a de plus vivant, et de plus nécessaire.
Éric Bonnargent & Marc Villemain
Nota Bene : L'idée de ce blog nous est venue après une longue et amicale discussion que nous avons eue à propos de la critique littéraire sur Internet, discussion dont le Magazine des Livres s'était, à l'époque, fait l'écho. Ceux que cela intéresse retrouveront l'intégralité de cet échange à cette adresse.
Oh, je crois que je ferai partie des premières fans! J'adopte donc sans réserve l'Anagnoste comme une de mes nouvelles bibles, et vous souhaite à tous les deux de belles lectures, de belles chroniques (mais je sais qu'elles le seront), une belle aventure commune - c'est une magnifique idée. Je vous embrasse tous les deux (si j'en ai le droit).
RépondreSupprimerAh ! mais de toutes façons, il y en toujours plus dans deux têtes que dans une ; fussent-elles petites ;-) Allez ! Bon vent les amis. On est là. On attend...
RépondreSupprimerBon courage, les gars !!!
RépondreSupprimerD'accord, mais ça se prononce comment ?
RépondreSupprimerUne libraire aux Belles-Lettres qui demande ça... ;)
RépondreSupprimerBon vent à tous les deux. Je sens qu'il va se produire de la belle ébullition par ici!
RépondreSupprimerLe plein de bises mordantes!
Karine
Oui, parce que l'agonie sur le net réserve d'immédiates résurrections, de tout cœur avec vous!
RépondreSupprimerJ'attends avec impatiente gourmandise et subtiles frémissements annonciateurs des neurones et des sens de vous lire.
RépondreSupprimerCela va être terrifique!
Merci.
Un futur déjà lecteur!
Desmod'Hugues
Malgré mes efforts répétés, subsiste aux trois coins de l'écran des tâches noires dont je n'arrive pas à me débarrasser. Hormis ces menues défaillances techniques, cette nouvelle entreprise suscite une curiosité certaine.
RépondreSupprimerA toi Eric qui fut le premier esthète à m'ouvrir ta page... ;-)
RépondreSupprimerA toi Marc pour la tendre amitié bercée aux sons de Jarrett...
A vous deux, parce que je vous aime, que cette nouvelle aventure soit aussi riche que belle !!
Bon vent à vous deux
RépondreSupprimerespère que vous n'allez pas lire chez les riche comme vos illustres prédécesseurs
que ceux-là se débrouillent
à bientôt pour de nouvelles aventures
Martin
Tout plein de bonnes choses hein (malgré ce nom un poil accrochant en bouche ;)).
RépondreSupprimerBon vent à l'Anagnoste alors, en vous souhaitant à tous les deux de bien "garder les yeux ouverts", évidemment !
RépondreSupprimerMais quand Marc trouvera t il le temps d écrire avec tout ça, je veux dire, d' écrire un recueil ou un roman...
RépondreSupprimerCarole F.
Merci et félicitations. Au plaisir de vous retrouver et de vous lire.
RépondreSupprimerFélicitations pour cette renaissance bicéphale qui nous promet diversité et enrichissement !
RépondreSupprimerSalut les gars et bonne nouvelle route!
RépondreSupprimerImpatiente de vous lire! Suerte amigos
RépondreSupprimerAnagnoste: Personne qui fait aux autres la lecture dans une assemblée ou une communauté religieuse.
RépondreSupprimerLa religion du livre, alors?
PP
bienvenue dans mes yeux de lectrice !
RépondreSupprimerLongue vie à ce nouveau blog ! Vive la littérature !
RépondreSupprimermarc bergère
..." il n’y a aucune raison alors, si ce n'est par indolence ou effet de mode, de laisser les mots d’hier s’échouer sur les grandes plages de l'oubli contemporain. "
RépondreSupprimerAh,rien que pour ça, chers Marc et son complice, je m'empresse de mettre ce blog en lien...
Tenez bon la barre, nous nous délecterons du sillage
Amicalement
Excellente idée. Je vous souhaite de belles divergences :)
RépondreSupprimerEt bon anniversaire!
RépondreSupprimerA suivre...
RépondreSupprimerCe commentaire a été supprimé par l'auteur.
RépondreSupprimerBonne route, les garçons. Que toujours vent favorable pousse à la proue.
RépondreSupprimerVB
(A l'attention désignée de Paméla RAMOS),
RépondreSupprimerAnagnoste, comment ça se prononce?... Mais, voyons, comme énerg-umène ou al-ambic!...
Quant aux deux compères hôtes anagnostiques, "longo maï" (longtemps encore) comme on le souhaite encore volontiers dans ma Provence natale
Bien à vous tous - Bernard GRANDCHAMP
Avec un retard certain : bon courage et bonne route à tous les deux !
RépondreSupprimerMerci à tous pour vos encouragements et votre gentillesse !
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