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lundi 23 septembre 2013

Fernanda García Lao, La peau dure



Un coup de main
Éric Bonnargent

Auguste Rodin
Dans La Faim de María Bernabé et La Parfaite autre chose, ses deux précédents romans, Fernanda García Lao mettait déjà en scène des narratrices confrontées à leur image, à l’impossibilité d’entrer en relation avec les autres et d’être bien dans leur corps. La narratrice de La Peau dure, Violeta, 31 ans, vit seule avec son fils, mais ne partage plus rien avec lui. Les sentiments filiaux se sont depuis longtemps émoussés et, au mal-être de sa mère, Damian ne répond que par un silence hostile. Violeta est seule. Sa vie professionnelle est tout aussi médiocre. Actrice ratée, elle continue de suivre des cours de comédie et écume les castings les plus obscurs dans l’espoir d’obtenir ne serait-ce qu’une figuration dans une pièce, un film ou même une publicité. Ses contradictions et ses souffrances sont trop fortes, sa personnalité en lambeaux est trop affirmée. « L’œil impudique de la caméra veut des gens légers, pas tout à fait finis. Des gens sans menaces souterraines. De belles surfaces polissables. Tout ce que je ne suis pas et ne serai jamais. Les yeux semblables à deux cuirassés, je suis en guerre. » Pour gagner sa vie, elle est donc obligé de travailler dans un magasin de vêtements pour enfants et supporter seule une patronne hystérique depuis que sa collègue est morte brutalement, électrocutée par la fuite de silicone de ses lèvres sur sa machine à coudre. Les choses s’empirent lorsque Violeta est amputée de sa main mystérieusement gangrénée et se fait, malgré elle, greffer une nouvelle main, véritable « oxymore anatomique ». Une greffe est un corps étranger dont on ne se préoccupe guère s’il s’agit d’un organe interne. Mais, là, l’étrangeté est renforcée par le fait que cette nouvelle main n’a ni touché ni caressé tout ce que l’ancienne avait touché et caressé. Une main qui a d’autres souvenirs épidermiques qui, de greffe en greffe, « pourrait devenir immortelle et passer d’un corps à l’autre au mépris du temps. Une main éternelle qui traverserait l’histoire de l’humanité. » Tout se complique lorsque la main semble agir contre le gré de sa nouvelle propriétaire et réclamer vengeance… Violeta n’aura alors plus qu’une obsession : retrouver l’ancienne propriétaire de sa main, assassinée (?). Violeta est-elle manipulée ou utilise-t-elle le greffon comme excuse afin de laisser exprimer les « menaces souterraines » qui la taraudaient et contre lesquelles elle luttait ?
Avec son utilisation si particulière de la syntaxe et son sens de la métaphore, Fernanda García Lao entraîne une nouvelle fois son lecteur dans un univers loufoque où le réel et l’onirique s’entremêlent et où le corps, souffrant et hurlant, dévore la rationalité. « Croire aux impulsions, à l’instinct est dangereux. Voilà pourquoi tant de demoiselles maniaques, négatrices, et tant de messieurs bien élevés avec un double menton fuient l’imagination comme le diable. »

Article paru dans Le Matricule des Anges. Juin 2013





La peau dure
Fernanda García Lao
Traduit de l’espagnol (Argentine) par Isabelle Gugnon
La Dernière Goutte, 175 pages, 16 €

lundi 27 août 2012

Entretien avec Fernanda García Lao

Éric Bonnargent

Née en 1966 à Mendoza en Argentine, Fernanda García Lao a été contrainte de s’exiler avec sa famille à Madrid en 1976. De retour dans son pays en 1993, elle s’installe à Buenos Aires. Actrice reconnue, elle est aussi l’une des grandes figures de la nouvelle scène littéraire sud-américaine. Dramaturge, Fernanda García Lao est également l’auteure de nombreuses nouvelles et de plusieurs romans, dont La Faim de María Bernabé et La Parfaite autre chose, tous deux primés en Argentine et qui viennent de paraître à quelques mois d’intervalle aux éditions de La Dernière Goutte.
Dans l’un comme dans l’autre, c’est au sein de la cellule familiale que se déroule l’intrigue. La Parfaite autre chose s’organise autour d’un drame domestique : le meurtre de l’un des protagonistes découpé en morceaux par un autre. Au lieu de mener l’enquête, Fernanda García Lao offre au lecteur un récit polyphonique et perspectiviste divisé en sept chapitres, chacun d’entre eux permettant à chaque personnage de raconter le déroulement des événements à partir de sa propre histoire. Ces hommes et ces femmes aux intelligences et aux vies vulgaires sont écartelés par leurs bassesses et leurs pulsions, tiraillés par leurs irréalisables aspirations spirituelles. L’avilissement est la norme :

« Alors dans un éclair d’horreur la lumière est revenue et j’ai découvert Adolfo, contorsionniste, coincé entre mes seins, les cheveux en bataille, son affreuse tête grimaçante, ses yeux révulsés. Il venait d’éjaculer en moi, c’était épouvantable, j’ai poussé un cri, il s’est évanoui. Que pouvais-je faire. Ce porc qui est aujourd’hui mon mari avait pris la place de Tancredo dans ma destinée. Il avait changé ma vie et transformé cet acte sublime en condamnation. Tout le merveilleux de la situation me semblait à présent lamentable et excessif. Cet être répugnant avait été nu à mes côtés. »

 Chez ces individus médiocres, l’élévation de l’âme est rendue impossible à cause de l’attraction du corps et de l’animalité qui le déchire. Fernanda García Lao pose un regard lucide et plein d’humour sur ses personnages qu’elle définit par des genres (l’orgueil, la liberté, l’illusion érotique…) dans une didascalie initiale, comme pour une pièce de théâtre. Pour mieux dénoncer leur ridicule et leur grotesque, elle utilise un langage parlé qui n’est pas sans rappeler le guignolesque célinien. La langue est d’ailleurs le point nodal de ce livre, les personnalités se construisant au travers des mots qu’elles utilisent. C’est sans doute pourquoi Jessica, la femme révoltée, l’artiste, affirme que « quand on apprécie le sens des mots, il ne faut pas les forcer. Ils savent quand s’exprimer. » Malgré la mesquinerie qui les caractérise, ces personnages gardent l’espoir d’une vie meilleure, ou du moins celui d’atteindre une certaine sérénité. Ce sentiment de complétude, ils ne l’éprouveront qu’en tombant par hasard sur cette parfaite autre chose, aussi mystérieuse qu’inattendue, dans laquelle se cache le secret du bonheur. Rares seront ceux qui auront cette chance…
Le travail déjà effectué par Fernanda García Lao sur la forme et la langue dans La Faim de María Bernabé prend avec La Parfaite autre chose une dimension supérieure et confirme l’originalité d’une œuvre en cours de construction.

Entretien avec Fernanda García Lao (traduit par Mélanie Gros-Balthazard)


1. Comme dans La Faim de María Bernabé, la déliquescence de la famille est au cœur de La Parfaite autre chose. Les enfants semblent être les victimes de la violence physique ou psychologique qui, au lieu de l’amour, unit leurs parents. Pourquoi ce thème est-il si présent dans votre œuvre ?

Je crois que La Parfaite autre chose présente un questionnement croisé. Je ne sais pas s'il existe un thème central. En tous cas, c'est le vide qui organise le récit, un certain désir de transcendance personnelle qui n'aboutit pas. Mais oui, il est vrai que le cadre que je choisis est celui de la famille. Je suis née dans les années soixante, c'est-à-dire à l'époque où ce noyau jusque-là sacré était en décomposition. La contradiction s'est installée au cœur de l'intime, les liens fondamentaux étaient en crise. Peut-être existe-t-il aujourd'hui une approche nouvelle  pour comprendre la famille, avec des rôles interchangeables moins stéréotypés qu'autrefois.  On assiste souvent à des débâcles personnelles ou extérieures qui trouvent leur origine dans l'enfance. Et lorsque l'on observe froidement la majorité des familles, on y trouve la reproduction des grands conflits sociaux en puissance : l'hypocrisie et l'abus de pouvoir sont généralement vécus d'abord à la maison. Pour ma part, je ne suis pas épique, ce sont plutôt les batailles domestiques qui m'intéressent. La haine en miniature. J'y trouve une usine à conflits d'une grande beauté pour construire la fiction.

2. Ignoble avec les femmes, Adolfo, qui compare son pénis à Dieu, inverse les rôles et affirme être leur victime (« Oui, les femmes m’utilisent et je les laisse faire »). Pourquoi faire si souvent de vos personnages masculins des êtres fourbes et lubriques ?

Chez Adolfo, il y a une volonté de parodie. J'ai pris le modèle de Don Juan, plouc et pathétique, et je l'ai confronté à sa propre débâcle : ce fut un exercice de pur plaisir. Ce type de mâle subsiste encore dans certains climats tempérés. De plus, le pervers suppose toujours que la victime est responsable. Il n'y a pas d'assassin ne justifiant pas son crime, ce n'est jamais de sa faute. Toujours celle de l'autre.

3. Les femmes, quant à elles, semblent subir leur corps et surtout l’image sociale qu’il renvoie et dont elles ne parviennent pas à se défaire. Eva rêve de perfection physique et, comme María Bernabé, Rosalin se débat en vain avec son obésité. Même Jessica, la femme révoltée, ne parvient pas à bien vivre sa féminité. Est-il si difficile d’être une femme heureuse ?

Difficile d'être heureux. Peu importe le genre. Dans le cas de la femme, malgré une certaine libération d'ordre plutôt sexuel et professionnel, elle reste assez esclave de la forme. Il existe une crainte atroce du temps qui passe, partagée par les hommes et les femmes, qui a transformé la société en une sorte de galeries de monstres : des vieux déguisés en enfants, des gros au régime, des jeunes filles qui vomissent. Le corps est devenu un objet de consommation, c'est-à-dire un bien rejetable. Mûrir manquerait de valeur. Les superficies se sont imposées. Tout se voit de l'extérieur, comme dans une boucherie de supermarché où rien d'autre ne compte que ce qui est sous nos yeux. Une belle enveloppe où se cache le néant. Pas le temps d'approfondir, personne ne veut souffrir et c'est pourquoi l'idiotie est monnaie courante.

4. Cretando affirme que, pour un homme, « être au monde, c’est avoir envie d’abîmer les choses. » Il est le seul personnage à avoir une certaine lucidité sur la nature humaine en général et sur la nature masculine en particulier. Pourquoi en avoir fait un personnage homosexuel ?

Je ne l'ai pas créé homosexuel, il est né comme ça. Je n'ai pas l'habitude de manipuler mes personnages, je les laisse être. Sa voix m'a raconté qui il était. Dans ce livre plus que dans tout autre, j'ai eu recours à la méthode automatique surréaliste. Il n'y a presque pas de correction. J'ai réussi à atteindre un certain état, j'ai pu me détacher et renier la fonction manichéenne du narrateur omniscient. J'ai gardé ce plaisir obscur pour d'autres livres.

5. Que ce soit dans La Faim de María Bernabé ou dans La Parfaite autre chose, vous empêchez le lecteur d’avoir un regard objectif sur vos personnages. La Parfaite autre chose est constitué de sept chapitres qui sont autant de points de vue subjectifs sur le drame que vous racontez. Seriez-vous tentée de dire comme Jacques Lacan que le réel, indépendamment de la manière dont on le perçoit ou on le conçoit, n’existe pas ?

Effectivement, la vision objective est impossible. Nous sommes victimes des versions : deux témoins ne voient pas le même accident. Cette liberté d'interpréter les faits est fondamentale pour faire de la littérature. Les généralités ne m'intéressent pas. De plus, dans les deux livres, il y a une tentative d'oralité sans intermédiaire. Je souhaitais travailler la première personne comme une caisse de résonance où l'insatisfaction et le désir n'avaient pas de filtre. Il y a une volonté confessionnelle, semblable à celle du dernier soupir. Le personnage s'ouvre avant de disparaître. La vérité face à l'abîme.

6. Vous faites plusieurs fois allusion à la corruption politique. L’Argentine d’aujourd’hui n’est-elle pas une démocratie comme les autres ? Est-elle encore prisonnière de ses anciens démons ?

La corruption politique est un vice implicite au jeu des pouvoirs. Je ne crois pas aux démocraties originelles. Et je ne parle pas de l'Argentine ou de l'Amérique Latine. Les partis politiques sont très peu démocratiques dans n'importe quelle partie du monde. Leurs financements obscurs. Leurs objectifs, tièdes. La liberté n'existe pas : on suit les intérêts des dirigeants en place.

7. Suite à son terrible forfait, Adolfo se fait évangéliste et Tancredo, le prêtre, estime que Dieu est son employé. Pourquoi vous en prenez-vous si violemment à la religion ?

À ce moment de notre échange, nous pouvons conclure que je tire sur tous les organes fondamentaux de l'organisation sociale : famille, État, religion (rires). La religion catholique est basée sur la cruauté et l'espionnage. Elle punit la différence, condamne la pensée individuelle. Je parle de l'Institution, pas de la figure du Christ, un personnage d'une désolation magnifique. Aucune religion qui tue au nom de Dieu ne mérite mon respect. Alors je crois avoir été fidèle à ce qu'elle inspire : la violence. En voilà de l'objectivité pure !

8. Pouvez-vous donner un indice aux lecteurs pour les aider à comprendre ce qu’est cette si mystérieuse « parfaite autre chose »… ?

Bien sûr que non.


La Parfaite autre chose. Éditions de la Dernière Goutte. Traduit de l’espagnol (Argentine) par Isabelle Gugnon. 15 €
La Faim de María Bernabé. Éditions de la Dernière Goutte. Traduit de l’espagnol (Argentine) par  Isabelle Gugnon. 18 €


Article paru dans Le Matricule des Anges (juin 2012)

vendredi 2 décembre 2011

Fernanda García Lao, La Faim de María Bernabé

Le ventre l’emportera
Éric Bonnargent

« Instructions pour être malheureux :
Imaginez que vous êtes quelqu’un, puis attendez. »

Lucian Freud
L’art de l’exergue est un art ignoré auquel le lecteur ingrat prend plaisir sans vraiment y prêter attention. L’importance de cet art est certes secondaire, mais il faut un véritable talent pour choisir des citations pertinentes qui, l’air de rien, agrémentent la lecture. Si William Vollmann reste sans doute le maître incontesté en ce domaine, Fernanda García Lao est une sérieuse rivale. Au début des neufs chapitres qui composent La Faim de María Bernabé, le lecteur trouvera des phrases inattendues de Witold Gombrowicz, de James Joyce ou encore de Bruno Schulz. Aussi plaisant soit-il, le choix de ces citations ne suffirait cependant pas à me faire parler de ce livre, mais La Faim de María Bernabé est un roman aussi original que profond et il faut une nouvelle fois saluer le travail des Éditions de la Dernière Goutte qui nous permettent de découvrir une écrivaine jusque-là jamais traduite en français.

Née en 1966 en Argentine, Fernanda García Lao a écrit de nombreuses pièces de théâtre et plusieurs romans. Récompensé en 2004 par le Prix du Fonds National des Arts, La Faim de María Bernabé se présente comme le journal d’une jeune fille « grosse et malheureuse ». Le sujet pourrait paraître banal s’il s’agissait d’un énième texte sur la boulimie transpirant le pathos ou l’impudeur. Soyez rassurés, c’est de tout autre chose qu’il s’agit et ce livre trouve plutôt un lien de parenté avec un roman comme Grande Ourse de Romain Verger. Car, là aussi, la nourriture et la folie sont intimement liées. María Bernabé n’a qu’une obsession : manger et manger encore afin de grossir et de grossir encore :

« J’ai un besoin désespéré de mâcher. Je ne pense qu’à broyer, je ne suis jamais satisfaite. Je ne dis jamais assez. Je veux toujours une bouchée de plus, je ferais des folies pour ça. Pourquoi me modérer si mon ventre peut contenir des kilos de matière. J’ai besoin de transformer ; mon seul outil est l’estomac ; les mains ont été créées pour être portées à la bouche et charrier des délices ou des immondices, peu importe. »

Bien entendu, la faim de María Bernabé comble une immense détresse affective. Entre une mère dépressive et alcoolique et un père qui a installé sa maîtresse, Mother, et ses filles, des jumelles, dans une maison voisine, María est livrée à elle-même. Et alors que les deux jumelles (ses sœurs ?) gagnent concours de beauté sur concours de beauté, María grossit et participe à des concours d’obésité. Elle se replie dans le confort de ses bourrelets et atteint les 120 kilos :

« Se bourrer de graisse est une façon de s’éloigner d’autrui. »

C’est pourtant la haine qui va l’emporter sur l’indifférence, la haine envers son entourage, envers son malheureux nutritionniste, mais surtout envers les jumelles et Mother qui, après l’internement puis le départ de sa mère, devient sa belle-mère. Cela donne lieu à des scènes irrésistibles, aussi drôles que pitoyables :

« Elle [Mother] souriait et j’étais nerveuse. Elle jouait crescendo. Sans penser à mon geste, j’ai levé la main pour lui flanquer une gifle, mais j’ai heurté le couvercle du piano. Elle a pouffé, mais quand le couvercle s’est rabattu d’un coup sec sur son petit doigt, son rire a fait place aux hurlements. Ses yeux se sont remplis de larmes, rivés en même temps que les miens sur ce qui restait de sa main mutilée. Le bout de doigt est tombé par terre. À présent, Mother était muette. Je lui ai dit que j’étais désolée, et ce mensonge m’a donné envie de m’esclaffer. Elle s’est baissée pour chercher sa phalange en pleurnichant comme une mendiante. Sans réfléchir, j’ai poussé le morceau de viande de la pointe du pied. Nous sommes alors toutes deux parties à la poursuite du doigt. Elle à quatre pattes et moi, athlétique. De l’orteil, je l’ai envoyé sous la bibliothèque. Nous gesticulions dans un silence feutré. Puis mon père a fait irruption dans le bureau. Mother avait laissé une traînée de sang sur la moquette et palpait la partie inférieure de la bibliothèque. »

Les propos et les comportements de María deviennent de plus en plus incohérents et violents et tout le talent de Fernanda García Lao consiste à manipuler le lecteur qui, malgré de fausses invraisemblances et d’apparentes contradictions, croyait avoir affaire à un texte linéaire et va se rendre compte peu à peu qu’il y a quelque chose qui cloche… L’incident du piano, l’intérêt de María pour les grandes criminelles, sa fuite à bord d’un camion laitier, son retour en compagnie d’un vagabond laissent présager du pire, mais bien malin le lecteur qui pourra deviner à quel moment s’est opéré le basculement de María dans la folie.
Avec La Faim de María Bernabé, Fernanda García Lao s’impose comme une romancière d’une grande originalité. La confusion du lecteur s’accentue progressivement et les dernières pages, composées d’une série d’annexes, de notes, d’aphorismes, de témoignages et même d’une « Note de l’éditeur » donneront sans doute envie au lecteur déboussolé de relire immédiatement cet étrange roman.







Fernanda García Lao, La Faim de María Bernabé. Traduit de l’espagnol (Argentine) par  Isabelle Gugnon. Éditions de la Dernière Goutte. 18 €