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vendredi 28 octobre 2011

Entretien avec Jakuta Alikavazovic

Éric Bonnargent

Née à Paris en 1979, Jakuta Alikavazovic signe avec Le Londres-Louxor son second roman. Le Londres-Louxor est un cinéma de style néo-égyptien construit à Paris au début du XXe siècle. Son histoire est parsemée d’événements mystérieux : morts inexpliquées, disparitions, etc. Aujourd’hui désaffecté, il est devenu le point de rencontre de la diaspora bosniaque. Suite à la disparition d’Ariane, sa sœur, Esme, prête-nom d’un célèbre écrivain, se met à hanter les lieux en compagnie d’Anton, un critique littéraire. Trop effacée pour mener une enquête, elle laisse les informations venir à elles. Ce roman, que le lecteur a d’abord cru être un roman fantastique puis un roman policier, emprunte alors une tout autre voie lorsque l’on apprend que la disparition d’Ariane est survenue juste après le braquage (bien réel) de la fondation Bührle de Zurich qui permis aux malfaiteurs d’emporter un Degas, un Monet et un Van Gogh. Tout cela est-il lié au Livre des morts de Bosnie qu’écrit le propriétaire des lieux, l’étrange vice-président ?
Avec une écriture raffinée jusque dans son dépouillement, Jakuta Alikavosovic nous entraîne au cœur de Paris dans une quête sur l’identité et signe ainsi un roman d’une grande maîtrise qui fait d’elle l’un des écrivains français les plus doués de sa génération.

Éric Bonnargent : Le mystérieux vice-président du Londres-Louxor affirme la chose suivante : « Quand bien même je serais né en France, quand bien même je serais né dans le huitième arrondissement de Paris (un arrondissement de confiance, haussmannien, résidentiel), on me demanderait encore d’où je suis. Ça vient d’où ce nom, chacune de ces questions ouvrait immédiatement la distance entre l’origine et le présent. » Pourriez-vous faire vôtres ces paroles ?

Jakuta Alikavazovic : C’est un personnage issu de la diaspora qui prononce ces mots : ils relèvent soit d’une intuition soit d’un constat, on ne sait pas. D’ailleurs, le Vice-Président on ne connaît pas son nom : il serait bien trop révélateur. Opaque ici, et « là-bas » un livre ouvert : je crois avoir écrit quelque chose d’approchant ailleurs dans Le Londres-Louxor.
Ces propos attirent en revanche l’attention sur l’éventail des origines possibles : « d’où êtes-vous » et « de quelle origine êtes-vous », deux questions bien banales. Mais différentes et souvent confondues. La question de l’origine ne fait qu’ouvrir une série de lignes de fuites. Certains, du fait de leur nom, n’ont pas le loisir de les ignorer. De fait, à l’énoncé d’un nom tel que le mien, la question de l’origine est presque inévitable. Et la réponse attendue n’est évidemment pas « je suis née dans le quatorzième ou le quinzième arrondissement de Paris », comme c’est mon cas. Il y a une incertitude, là où un nom est habituellement garant d’une identité qu’il réalise. Je peux faire miens ces mots dans une certaine mesure : après tout, je ne fais que constater ce qui m’arrive régulièrement. Il y a là quelque chose qui finit par gêner : on se lasse de ne pas simplement « aller de soi ». C’est une impression plus forte à certains moments qu’à d’autres. C’est comme si l’adhésion de soi à soi (du nom à la personne) ne s’effectuait pas de la même façon. La plupart du temps, ces questions n’ont pas lieu d’être : ici, c’est justement le lieu, l’origine, qui fait défaut. Comme s’il y avait quelque chose à expliquer, une distance à résorber, des itinéraires à fournir. D’ailleurs une forme de lassitude s’installe parfois. La question du nom ne fait que cacher la vraie question, qui relève d’un ensemble de choses qu’on pourrait appeler « coefficient d’étrangeté perçue ». La question du nom en elle-même a quelque chose de déplacé, dans tous les sens du terme.

Vous le rappelez à deux reprises : « le siège de Sarajevo a été le plus long de l’Europe moderne ». Il semble pourtant assez oublié et n’inspire guère la littérature. Comment expliquez-vous cette indifférence pour un événement historique aussi important ?

Honnêtement, je n’en sais rien. Peut-être par le fait que cette guerre a très tôt été perçue comme civile. Donc enclose sur elle-même. Une guerre privée ? (je crois cette définition de la guerre d’ex-Yougoslavie comme « civile » a été un point important à l’époque dans les débats sur la légitimité ou pas d’une intervention extérieure).
Ou alors par une élasticité tragique des distances, du temps et de la mémoire. Tout le monde aime les belles plages croates – et soudain, ce qui était un pays devient une « zone », se morcelle,  et finit par être un confins – même de l’imagination.

Dans vos livres, les références cinématographiques sont nombreuses. Pourtant, dans Le Londres-Louxor, c’est dans un cinéma désaffecté que la diaspora bosniaque trouve refuge. L’oblitération de l’art est permanente : Esme signe des livres qu’elle n’écrit pas et des œuvres d’art disparaissent mystérieusement. Voulez-vous dire que là où l’histoire est trop prégnante, l’art n’est plus possible ?

Au contraire, j’aurais tendance à dire que là où l’histoire joue trop, où il y a trop d’ambiguïtés ou d’incertitudes, l’art s’infiltre – mais d’une façon un peu gauche, qui se contente des brèches et ne peut pas s’accomplir pleinement, qui est partout mais ne « prend » pas. D’où cette indécision entre le faire et le défaire que vous décrivez et qui est un point important du livre à mes yeux.

Bien que Corps volatils soit le titre de votre premier roman, les personnages du Londres-Louxor sont plus volatils encore. Ils sont tous évanescents : Esme cultive l’absence comme un art et le Londres-Louxor semble n’être occupé que par des fantômes. Même Anton, le critique littéraire sûr de lui abandonne peu à peu l’écriture et semble « contaminé » par Esme. Pourquoi cet effacement généralisé ?

C’est une question de marges, de suspens : entre présent et passé, entre ici et ailleurs, il y a une définition qui manque et sans laquelle tout flotte. L’effacement concerne avant tout les repères. Le Londres-Louxor est un roman de l’ouverture et de la possibilité. Que faire du manque d’origine? Celle-ci une fois perdue, la construction ne peut être qu’artificielle. C’est à dire artistique. En cela, c’est un roman de l’indétermination – tout se mélange, le réel et la fiction échangent leurs propriétés. Enfin, c’est le roman d’une mémoire imparfaite. Qu’écrire sur une mémoire presque effacée ? Le Londres-Louxor (le lieu) comme Esme sont avant tout des espaces de projection. Cette contamination des ambigüités, des indécisions, est à mon avis le fruit de l’absence d’origine. Celle-ci déracine tout, met le réel en mouvement à sa suite.

Vous égarez également le lecteur puisque tout commence comme un roman fantastique avant de se transformer en roman policier puis en roman métaphysique.

Oui, à répondre à vos questions je me rends compte que l’ensemble est cohérent dans Le Londres-Louxor. L’indécision sous le signe duquel le livre est placé touche bien sûr aussi au genre. Le prologue tend effectivement des pistes fantastiques – parce qu’il s’agit en premier lieu (comme tous mes livres) d’une hantise. Rien de plus approprié que le vocabulaire fantastique pour transmettre cela. Et puis cela vire au « polar nonchalant » (je ne sais pas quel critique a écrit ça à propos du livre, mais ça m’a plu). En roman métaphysique, je ne sais pas. Je dirais plutôt esthétique. Au sens où les enjeux sont résolus, au bout du compte, par la création d’une esthétique qui dépasse les questions soulevées par le vrai-faux roman policier. Qui n’y répond pas à la lettre, quoi qu’il en soit : ce qu’il y a à découvrir est artistique (est à créer), non factuel.

Le style du Londres-Louxor n’a, à mon sens, plus grand-chose à voir avec celui de Corps volatils. Votre écriture elle-même semble avoir été atteinte par ce syndrome de l’effacement ; elle est plus dépouillée, à la fois dans le vocabulaire et dans la syntaxe. A vous lire, on ressent cet essoufflement qui caractérise tant vos personnages, cette poétique de la mélancolie qui traverse tout le livre. Ce changement de style est-il délibéré ou s’est-il imposé de lui-même pendant la rédaction du roman ?

Corps volatils était un roman d’enfermement : la ligne d’horizon se raccourcissait, se repliait sur les personnages pour les étouffer. C’est un récit hanté par une voix trop présente – celle d’un défunt, d’un écrivain inaccompli – sous laquelle le monde ploie. Disons que dans ce livre-là la contamination dont je parlais plus haut a lieu d’une façon beaucoup plus marquée. La différence tient peut-être à cela : dans Le Londres-Louxor, le pire a déjà eu lieu. C’est un roman après la perte. En ce sens c’est à mes yeux la réponse au roman précédent, une alternative. Je pense que le ton différent des deux livres est à chercher là, dans cette différence qui pour moi est capitale. En tout cas, s’il y a dans Le Londres-Louxor un « syndrome de l’effacement », il découle de l’écriture et non l’inverse. C’est une illusion d’optique de plus que de penser que le style est contaminé par le sujet. Tout découle de l’écriture, elle crée ses propres conditions.

Bien avant la parution du Londres-Louxor était annoncée la sortie d’un roman intitulé L’effet Meissner. Ce projet est-il abandonné ? Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?

L’effet Meissner est une espèce de somme dont des fragments se détachent. Le Londres-Louxor, par exemple, devait n’en être qu’une partie, mais celle-ci a acquis son autonomie dans l’intervalle. Je crois que la même chose est en train de se produire en ce moment.


Entretien paru dans Le Magazine des Livres.

lundi 24 octobre 2011

Jakuta Alikavazovic, Le Londres-Louxor

La disparition
Éric Bonnargent

Christo, Package
Les rues de Paris sont un ravissement perpétuel pour les amateurs d’architecture. Tous les styles s’y trouvent, même les plus étranges et les plus rares, comme le néo-égyptien. Il n’y a guère que deux bâtiments de ce genre à Paris, deux cinémas désaffectés. Le premier, bien réel, le Louxor, se situe à l’angle du boulevard de La Chapelle et du boulevard Magenta, dans le dixième arrondissement. L’autre, le Londres-Louxor, fruit de l’imagination de Jakuta Alikavazovic, se situe dans un obscur passage, quelque part entre la Bourse et l’Opéra-Comique, dans le deuxième arrondissement. Dans le prologue de ce roman si singulier, la jeune écrivaine relate l'histoire de cet étrange édifice, construit en 1920. Des faits mystérieux et macabres s’y sont régulièrement déroulés, de la mort mystérieuse en 1931 d’une spectatrice étant passée devant le faisceau du projecteur pendant qu’on passait Nosferatu, à la disparition, en 1974, de la fiancée du projectionniste dont le cadavre sera retrouvé quelques années plus tard dans le faux plafond. Devenu déficitaire, le Londres-Louxor est abandonné avant de devenir, en 1994, un club servant de lieu de réunion à la diaspora yougoslave. Le siège de Sarajevo, le plus long de l'histoire moderne, est commencé depuis deux ans et ne s’achèvera qu’en 1996. Il était en tout cas normal qu’un lieu si atypique attire ces êtres décalés que sont les exilés :

« Cet étrange bâtiment néo-égyptien leur est familier : c’est une deuxième maison, ce qui est très triste dans la mesure où le Londres-Louxor n’est pas un endroit réel mais une construction imaginaire, une abstraction. Le Londres-Louxor n’est pas un point mais une distance. Ces jeunes gens sont à leur place, déplacés, ils appartiennent à une géographie des failles et des écarts. »

Déplacés, ces jeunes gens le seront toujours, ne serait-ce qu’à cause de leurs noms dont les consonances les priveront à jamais d’être pleinement Français. Chassés d’un pays en guerre et réfugiés dans un autre bien méfiant à leur égard, ils sont condamnés à être apatrides. De même que le Londres-Louxor n’est ni à Londres, ni à Louxor, ces réfugiés, ne seront plus jamais yougoslaves et ne seront jamais tout à fait Français, car la question de leur origine se posera et se reposera encore. Jakuta Alikavazovic le sait. Bien que née en France, on lui demande toujours d’où elle vient.
Esme et Ariane, elles, sont nées là-bas, mais ont eu la chance, toutes petites, de pouvoir monter dans le dernier avion ayant pu décoller de Sarajevo en 1992. Les deux sœurs ont été élevées à Paris par un oncle qui, comme beaucoup d’artistes-peintres, a fini peintre en bâtiment et qui a participé aux travaux de rénovation du Londres-Louxor. C’est dans ce mystérieux cinéma que se réfugie de plus en plus souvent Esme depuis que sa sœur à disparu. La dernière photo d’elle la montre en train d’embrasser un sphinx de pierre du Londres-Louxor… L’un des talents de Jakuta Alikavazovic est, au début de ce livre, de nous plonger dans l’ambiance sépia des vieux films d’épouvante ayant pour objet l’Égypte et ses mystères. Le fantôme de la momie incarnée par Boris Karloff rôde.
Il s’agit cependant d’une fausse piste. C’est plutôt dans le genre policier que la suite du roman semble s’inscrire et, pour cela, Jakuta Alikavazovic se réfère à un célèbre fait divers qui eu lieu le 10 février 2008. On apprend en effet qu’Ariane a disparu dès son retour en France, après son stage à la fondation Bührle de Zurich où elle a été prise en otage par les braqueurs qui réussirent à s’emparer de quatre tableaux, Le Jeune garçon au gilet rouge de Cézanne, Le Champ de coquelicot près de Vétheuil de Monet, Les Branches de marronniers en fleur de Van Gogh et Le Comte Lepic et ses filles de Degas.

Degas, Le comte Lepic et ses filles

Bien que ce soit certainement le hasard, les deux sœurs peintes par Degas ressemblent étrangement au portrait psychologique que fait l’auteure d’Esme et d’Ariane. La petite fille de gauche est floue, effacée, ses traits sont aussi indéterminés que le sont les contours de son vêtement, alors que la petite fille de droite semble imposer sa présence au peintre qu’elle fixe de son regard étrangement mature.
Or, Esme est décrite comme une fille « absente et abstraite », silencieuse, effacée, évanescente, tellement en décalage avec la réalité que, suite à l’une de ses apparitions à la télévision lors d’un débat littéraire, un critique, Anthony Tremain, dit Anton, écrira qu’« on a peine à croire qu’elle sache épeler son nom. » Il n’y a peut-être pas de reproche plus difficile à encaisser pour un écrivain, de surcroît un écrivain à succès. Si cela n’empêchera pas Esme de le prendre pour amant et de vivre avec lui, c’est parce qu’en réalité Esme n’a jamais écrit une ligne des romans qu’elle signe de son nom : elle n’est que le prête-nom d’un écrivain célèbre. Être un masque convient parfaitement à sa personnalité évanescente :

« Or Esme connaissait tout de la perte, Anton en était convaincu. Par exemple la facilité avec la quelle elle oubliait les choses, comme si c’était une seconde nature – véritablement, elle faisait de l’oubli l’un des beaux-arts. La façon dont les choses se dissolvaient dans son esprit, les tableaux qu’elle avait vus, les films, même leurs conversations – c’était de toute beauté. Anton avait peur, s’il restait trop longtemps en dehors de son champ de vision, qu’elle l’efface totalement. Tant elle semblait comprendre ce mouvement des choses qui allaient à leur perte. Mais si cela devait arriver, il ne disparaitrait pas pour autant de son côté. Esme vivait dans une démocratie absolue du visible et de l’invisible. Elle ne voulait rien du passé – le passé n’existait pas. L’absence était son art ; elle seule, à la rigueur, pouvait être perceptible. Les présences trop appuyées l’incommodaient. Elle était à l’aise dans les lacunes et les ombres. »

Ariane, elle, est tout le contraire de sa sœur : sûre d’elle, impudique et si nostalgique de ses origines que cela la conduisit à fréquenter de bien louches exilés aux discours extrémistes. Alors, le doute s’instaure : Ariane a-t-elle été victime de ce braquage ou a-t-elle été complice ?
Pour que Le Londres-Louxor devienne un roman policier, il faudrait une enquête. De cela, pourtant, Esme est bien incapable. Accompagnée d’Anton qui a cessé de lire, qui, apercevant son reflet dans l’un des miroirs de l’ancien cinéma, s’aperçoit que, comme par contagion, il a maintenant lui aussi l’air « ailleurs », Esme se contente d’aller au Londres-Louxor et d’attendre, de faire peu à peu connaissance des personnages atypiques qui hantent les lieux : un sexagénaire dont l’identité réelle sera révélée à la fin du livre qui passe pour être Mexicain parce qu’il boit du mezcal à longueur de journée et qu’on appelle le Mime parce qu’il ne s’exprime que par gestes, sans jamais prononcer un mot ; Ürs, le physionomiste, une brute épaisse, qui reconnaît du premier coup d’œil ceux qui, trop normaux, ne sont pas dignes d’entrer dans les lieux ; Erol, le géant débonnaire qui espère faire fortune avec ses Barbitchcock, des poupée à l’image de Tippi Hedren et, enfin et surtout, le Vice-Président, le mystérieux hôte qui réitère inlassablement des voyages entre le France et la Bosnie-Herzégovine pour aider, à l’aide d’échantillons d’ADN, les réfugiés à savoir quel destin funeste a été réservé aux membres de leur famille.
Le Londres-Louxor qui a failli être un roman fantastique puis failli être un roman policier devient brusquement un roman métaphysique lorsqu’il va être question d’un mystérieux groupe artistico-terroriste travaillant sur le concept de disparition, un « art de la perte ». Il s’agit de faire disparaître des objets, des œuvres, leur absence devenant ainsi plus visible que leur présence. Notons que c’est là tout le sens du travail de Christo. Lorsqu’à l’automne 1985, les Parisiens découvrirent que le Pont-Neuf avait disparu, emballé par l’artiste, ils s’offusquèrent de ne plus voir ce qu’il avait cessé de regarder depuis longtemps, le Pont-Neuf ayant depuis bien longtemps cessé d’être une œuvre magnifique pour être réduit à un simple lieu de jonction emprunté quotidiennement par des Parisiens pressés pour passer d’une rive à l’autre de la Seine. Et, de même que les Parisiens redécouvrirent avec des yeux innocents le plus vieux pont de la capitale lorsque les bâches furent retirées, sans doute prêtera-t-on plus attention aux tableaux disparus lorsqu’ils réapparaitront. Et si cette réapparition pouvait servir à écrire le Livre des Morts de la Bosnie, alors l’intérêt de ces kidnappings d’œuvres aura été double…

Ce deuxième roman signé par Jakuta Alikavazovic est une réussite. Il n’y a guère qu’un petit chapitre consacré au Salon du Livre qui est comme de trop car sans intérêt. Les décors et les personnages incertains créent une ambiance mystérieuse, ou plutôt des ambiances mystérieuses, puisque l’on passe naturellement d’un genre à un autre. Sur l’écran de ce cinéma hors d’usage, évoluent des ombres que l’on se plaît à suivre, l’élégance de l’écriture étant au service d’un propos intéressant et réfléchi sur l’état de l’Europe moderne.





Jakuta Alikavazovic, Le Londres-Louxor. Éditions de l’Olivier. 16, 50 €